Architecture moderne

La recherche de couleur ne s’arrête pas qu’aux objets anciens. Sinopie a développé depuis de nombreuses années une riche connaissance dans le domaine de l’architecture moderne.

Nous pensons que l’architecture et sa mise en couleur originelle sont indissociables, et qu’il faut assurer dans la mesure du possible la conservation des éléments architecturaux en place depuis l'édification, tout en respectant ou reconstituant la mise en couleur initiale choisie par l’architecte concepteur.

Chaque bâtiment a été conçu comme un ensemble cohérent avec un choix précis et déterminé de matériaux et de couleurs réfléchies. L’absence de réflexion dans la rénovation d’un bâtiment peut amener à des modifications des plus diverses et parfois trop hétérogènes dans le choix notamment des teintes, des matériaux et des compositions. Des transformations parfois lourdes et irréversibles endommagent même la vision première de l’architecte concepteur.

Les divers services de sauvegarde des patrimoines cantonaux et des bureaux d’architectes devant s’occuper de la rénovation de certains bâtiments modernes font appel à nos services pour mieux comprendre les phases décoratives et plus précisément la chronologie des couleurs appliquées au fil du temps contre des éléments architecturaux comme le béton, les crépis ciment, la métallerie, le bois, et retrouver les couleurs originelles qui forment un ensemble cohérent décidé à l’époque par l’architecte du bâtiment. Nos sondages in situ sont complétés au besoin par une recherche iconographique et historique dans les divers services ou archives privées ou publiques, pour étayer nos conclusions.

Sinopie a également collaboré avec Jean-François Dedominici de Nuances Minérales à la recherche de formules des couleurs de l’appartement-atelier du Corbusier à Paris.

Nous avons travaillé sur des bâtiments des architectes suivants :

Arnold et Henry Minner, André Gaillard, Georges Candilis et Arthur Bugna, Marc-Joseph Saugey, Frères Honegger, Jean Tschumi, Jacques Favarger, René Schwertz, Jean-Marc Lamunière, Georges Addor et Louis Payot, Marc Piccard, Alphonse Laverrière et Charles Thévenaz, Jacques Dumas, Fernand Dumas, Alberto Sartoris, Le Corbusier

Extrait tiré de l’exposition Bauhaus au MUDAC à Lausanne
20 septembre 2018 - 6 janvier 2019

« Matériau et couleur
Contrairement à un cliché largement répandu, les modernes - y compris le Bauhaus - ne voyaient pas tout en blanc. Au contraire, l’un de leurs grands mérites est d’avoir abordé la couleur sous toutes ses facettes. Celle-ci n’est pas considérée comme un élément décoratif, mais comme un moyen de façonner l’espace et donc comme un « instrument » qui joue sur le bien-être physique et psychologique. Ainsi, la couleur était une composante importante de la conception globale d’un bâtiment. Les colorations à l’intérieur des pièces et sur les murs extérieurs devaient  souligner l’architecture, mais aussi la dépasser en créant de nouveaux espaces de couleur. Certes, le Bauhaus n’a pas développé sa propre approche en la matière, s’appuyant sur des concepts existants comme le traité des couleurs de Goethe ou la théorie mathématique des couleurs de Wilhelm Ostwald. Celles-ci étaient non seulement étudiées pendant les cours théoriques et appliquées pendant les cours de peinture libre, mais elles étaient aussi mises en pratique lors de la création des pièces intérieures, de tissus ou de papiers peints qui ont valu à l’entreprise Rasch un certain succès  économique ».